Les différentes étapes du démantèlement - SFEN

Les différentes étapes du démantèlement

Publié le 20 octobre 2020 - Mis à jour le 24 novembre 2020
Déchets
Démantèlement
Synthèse

Après la mise à l’arrêt définitif de l’exploitation d’une installation nucléaire en France, les opérations de démantèlement ne sont autorisées qu’après l’obtention d’un décret. Au préalable un avis favorable de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) doit être donné ainsi que la réalisation d’une enquête publique auprès des riverains et des différentes parties prenantes de l’installation concernée. Ensuite, le démantèlement de l’installation s’effectue en plusieurs étapes, de plusieurs mois à plusieurs dizaines d’années selon la nature et la complexité de l’installation.

Des points d’arrêt

Le dossier de demande de démantèlement d’une Installation nucléaire de base (INB) est préparé et adressé à l’ASN par l’exploitant, généralement deux ans avant la fin de son exploitation. Le dossier détaille tous les travaux envisagés, et explicite la nature et l’ampleur des risques présentés par l’installation, ainsi que les moyens mis en œuvre pour les maitriser. Les opérations de démantèlement peuvent être complexes et longues. Aussi, le décret peut prescrire un démantèlement avec des étapes ou points d’arrêt faisant toujours l’objet d’une autorisation de l’ASN.

De même, il est prévu des réexamens périodiques pour les démantèlements les plus longs, généralement tous les dix ans, comme pour une centrale nucléaire. L’objectif est de vérifier que le niveau de sûreté et de radioprotection de l’installation est le plus élevé possible, dans des conditions technico-économiques acceptables jusqu’à la fin des opérations de démantèlement.

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c’est le nombre d’Installations nucléaires de base (INB) en France en cours de démantèlement (janvier 2019 – ASN)

3 étapes clés

Quel que soit le niveau de complexité de l’installation, trois étapes clés rythment le démantèlement d’une installation :

  • l’évacuation des matières, des équipements, des gros composants, constitue la première étape.
  • Ensuite, il s’agit d’éliminer l’ensemble de radioactivité des bâtiments concernés. Généralement à cette deuxième étape, c’est plus de 99 % des matières nucléaires qui sont évacuées.
  • Enfin, troisième étape, c’est l’assainissement et le démantèlement des structures du génie civil, voire la démolition des bâtiments.

Une fois ces opérations achevées, l’ASN engage des contrôles s’assurant que les objectifs annoncés ont bien été atteints (en ce qui concerne le niveau d’assainissement des installations). Si les résultats sont concluants, l’installation est alors « déclassée » et peut accueillir d’autres activités (nucléaires ou non).

A titre d’exemple, en 2011 une ancienne usine de fabrication de combustible nucléaire à Annecy a pu être reconvertie, après démantèlement, en une centrale de biomasse pour le chauffage urbain.

Autre exemple, celui d’anciens sites miniers comme celui de Lodève, près de Montpellier, qui accueille aujourd’hui des panneaux solaires.

En matière d’état final à l’issue du démantèlement, on distingue le « green field » (ou retour à l’herbe qui libère le terrain pour toute activité ultérieure) et le « brown field » qui permet une réutilisation industrielle (mais pas nécessairement nucléaire) assortie de restrictions d’usages (publiques ou industrielles).

Copyright : Orano /Eric Larrayadieu

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