Quelle place pour le numérique dans l’industrie nucléaire française ? - SFEN

Quelle place pour le numérique dans l’industrie nucléaire française ?

Publié le 4 octobre 2020 - Mis à jour le 23 avril 2021
Innovation
Synthèse

L’industrie nucléaire se réinvente et prépare l’avenir. Le développement des technologies numériques offre des possibilités nouvelles d’innovation dans la filière nucléaire. On assiste aussi à un regain d’intérêt au niveau mondial autour des réacteurs de demain. La France a le potentiel d’être un acteur majeur sur ces nouvelles technologies.

A travers le numérique, l’industrie nucléaire se réinvente et prépare l’avenir. Ce dynamisme entraîne un regain d’intérêt mondial autour de nouvelles générations de réacteurs nucléaires. Dès aujourd’hui, la France s’impose un acteur potentiellement majeur des nouvelles technologies appliquées au nucléaire.

Nucléaire et numérique, un fort potentiel d’innovation

Les démarches « usine nucléaire du futur » visent à développer des briques d’innovation, en tirant partie de nouvelles technologies numériques (simulation, internet des objets, intelligence artificielle, fabrication additive, réalité virtuelle). Ces briques sont destinées à l’ensemble des usines de la filière (les centrales, les usines du cycle et les PME/ETI), et s’adressent à tous les métiers (de la conception au démantèlement, en passant par la construction et la maintenance).

Comme dans d’autres industries, l’aéronautique notamment, des plateformes communes sont développées pour permettre à tous les intervenants d’un projet nucléaire de partager en temps réel les données des projets, de la conception à la réalisation, dans une démarche de « system engineering » et d’entreprise étendue.

L’industrie nucléaire se caractérise par une grande masse de données, aujourd’hui encore gérée pour des raisons réglementaires, via le papier. Ainsi, pour une centrale nucléaire, ce sont près de 5 millions de documents à gérer. Il est aussi crucial de garder la mémoire des installations et de capitaliser l’expertise des différents métiers « knowledge management ». L’ingénieur et l’intervenant du futur seront connectés et sans papier.

35 pays engagés
35 pays engagés dont la France dans le projet ITER, la voie vers la fusion nucléaire

Un regain d’intérêt mondial autour des réacteurs de demain 

Aux États-Unis, on recense une cinquantaine de start-up (Third Way – 2015) , lesquelles reçoivent un soutien important de l’administration américaine. La Chine a aussi lancé des programmes de recherche sur plusieurs nouveaux concepts, dont les réacteurs à neutrons rapides (RNR), et ceux de haute température, destinés aux usages industriels.

En France, le gouvernement a confirmé début 2019, dans le cadre d’une démarche d’économie circulaire de la filière, l’objectif de définir et soutenir un programme de R&D concourant à la fermeture à terme du cycle du combustible. Ce programme reposera à moyen terme sur le multi-recyclage des combustibles dans les réacteurs à eau sous pression, en gardant en vue un éventuel déploiement à l’horizon de la deuxième moitié du XXIe siècle d’un parc de RNR.

En parallèle, le gouvernement a confirmé son soutien, pour des études jalonnées d’avant-projet, à un consortium SMR (Small Modular Reactor) réunissant le CEA, EDF, TechnicAtome et Naval Group et formé pour élaborer une offre française de petits réacteurs nucléaires à l’international.

Enfin la France est engagée, parmi 35 pays, dans la construction d’ITER, une machine expérimentale située dans les Bouches-du-Rhône, qui doit démontrer la faisabilité technique de l’énergie de fusion nucléaire.