Quelles solutions industrielles pour les déchets radioactifs français ? - SFEN

Quelles solutions industrielles pour les déchets radioactifs français ?

Publié le 5 octobre 2020 - Mis à jour le 23 avril 2021
Démantèlement
Déchets
Synthèse

La France maîtrise la technologie du recyclage des combustibles nucléaires et dispose d’une filière complète de gestion des déchets radioactifs aux méthodes rigoureuses.

La France est à la pointe de la gestion des déchets nucléaires. Elle maîtrise la technologie de recyclage des combustibles nucléaires et dispose d’une filière complète de traitement des déchets. Retour sur ses principaux enjeux.

Aujourd’hui, 10 % de l’électricité nucléaire française est produite à partir de matières recyclées (combustible MOX à base d’oxydes de plutonium et d’uranium appauvri). La filière s’est fixée pour objectif de doubler ce taux d’ici 2030 (combustible MOX et reprise du recyclage de l’uranium de retraitement à partir de 2023).

Pour valoriser les matières nucléaires réutilisables et réduire les volumes de déchets finaux, la filière nucléaire a développé des solutions technologiques permettant le recyclage de 96 % des matières issues du combustible usé (plutonium et uranium dit de retraitement). Ces matières sont utilisées pour produire de nouveaux combustibles (MOX et combustible à l’uranium de retraitement enrichi).

En particulier, la technique du recyclage permet de diviser par 5 le volume des déchets ultimes à vie longue (produits de fission, actinides mineurs). Ces derniers, dits déchets HAVL, sont conditionnés dans des matrices vitrifiées et des conteneurs en acier, sous une forme sûre et stable pour plusieurs centaines de milliers d’années, ce qui facilite les opérations d’entreposage et de stockage.

1 200
c’est le nombre de producteurs de déchets nucléaires en France (industries électronucléaire, laboratoires, centres de recherche, industries, hôpitaux, défense, etc.)

Une filière complète de gestion des déchets radioactifs aux méthodes rigoureuses

La France dispose d’un établissement public dédié, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), dont les activités sont contrôlées, comme pour les exploitants nucléaires, par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

L’Andra a déjà mis en place des solutions de stockage pour 90 % du volume de déchets radioactifs produits en France (déchets de très faible, de faible et de moyenne activité à vie courte). Ces déchets, qui représentent une quantité réduite (de l’ordre de 2 kg par an et par personne) et un faible niveau de radioactivité, sont conditionnés et stockés en surface dans trois centres gérés par l’Andra. Ils continueront d’être surveillés le temps de la décroissance de leur radioactivité.

Centre de stockage dédié aux déchets TFA (de très faible activité à vie courte) – Copyright Andra

Pour les 10 % restants (MAVL et HAVL), l’Andra étudie la création d’un centre de stockage (appelé Cigéo) situé dans une formation géologique stable, capable de confiner la radioactivité de ces déchets sur de très longues échelles de temps. Pour rappel, les déchets HAVL sont issus du recyclage des combustibles usés. Ces déchets sont très radioactifs et à durée de vie longue ; ils ne représentent toutefois que 0,2 % des déchets radioactifs produits en France.

Un inventaire exhaustif des déchets radioactifs produits en France

Chaque année, l’Andra réalise et publie un Inventaire national des matières et déchets radioactifs produits en France par quelques 1 200 producteurs (industrie électronucléaire, laboratoires, centres de recherche, industries, hôpitaux, défense, etc.).