Qu’est-ce qu’un réacteur EPR ? - SFEN

Qu’est-ce qu’un réacteur EPR ?

Publié le 4 octobre 2020 - Mis à jour le 23 avril 2021
Centrale nucléaire
Combustible
Synthèse

L’EPR est un réacteur nucléaire de 3e génération de conception française. Avec 1650 MW de capacité de production électrique, il est le plus puissant au monde. Ce réacteur intègre de précieux retours d’expérience d’exploitation, améliorant la performance tout en prolongeant la sûreté des réacteurs à eau sous pression. Il est déjà opérationnel en Chine et en construction en France, Finlande et Angleterre.

Réacteur dit de 3e génération, l’EPR (Evolutionary pressurized reactor) est de conception française. Réputé comme le réacteur le plus puissant au monde, il est capable d’alimenter une ville comme Paris. Déjà opérationnels en Chine, des EPR sont aujourd’hui en construction en France, en Finlande et en Grande-Bretagne.

L’EPR (Evolutionary pressurized reactor) est un réacteur français de 3e génération. Les réacteurs de 3e génération sont des réacteurs « évolutionnaires », c’est-à-dire qu’il n’y a pas de saut technologique avec ceux construits précédemment. Cependant, ces réacteurs intègrent le retour d’expérience de l’exploitation des réacteurs de 2e génération en matière de sûreté et de performance. L’EPR est ainsi l’un des réacteurs les plus modernes et les plus performants. Avec 1 650 MW, un seul réacteur EPR peut alimenter en électricité l’équivalent d’une ville comme Paris, et cela pendant six décennies, l’EPR étant conçu dès le départ pour fonctionner au minimum soixante ans.

Un réacteur nucléaire plus puissant, plus propre, plus sûr et plus économe

D’un point de vue opérationnel, l’EPR consomme 20 % d’uranium en moins par kWh électrique produit par rapport aux réacteurs français en fonctionnement et produit moins de matière irradiée et donc moins de déchets. L’EPR intègre également des critères de sûreté inédits. Pour y parvenir, il contient des redondances supplémentaires et son enceinte de confinement est renforcée. Enfin, l’incorporation d’un récupérateur de corium, que l’EPR est le premier réacteur au monde à inclure, permet au combustible, en cas de fusion du cœur, de s’y écouler et d’y être refroidi par les réserves en eau stockées dans la centrale.

Les EPR dans le monde

En 2020, deux EPR sont déjà en fonctionnement en Chine sur la centrale nucléaire de Taishan. Dans la décennie, quatre autres doivent produire leurs premiers électrons en France (l’EPR Flamanville 3), en Finlande (l’EPR Olkiluoto 3) et au Royaume-Uni (deux EPR Hinkley Point C). D’autres pays, comme l’Inde, sont en discussion pour intégrer l’EPR à leur portefeuille énergétique.

Dans le cadre du projet de renouvellement du parc nucléaire français dont la décision reviendra au gouvernement d’ici mi-2021, le groupe EDF travaille sur le concept d’un EP2 optimisé, simplifié garantissant les mêmes standards de sûreté, de performance industrielle et environnementale.

1650MWe
1650 MWe, la capacité de production de l’EPR, de quoi alimenter en électricité une ville comme Paris.

Pourquoi choisir l’EPR comme modèle de réacteur pour le renouvellement du parc nucléaire français ?

L’EPR est un réacteur de 3e génération conçu dès l’origine, entre autres, pour le renouvellement du parc nucléaire français : il s’inscrit dans la continuité des réacteurs existants et offre les meilleurs standards en termes de sûreté, ainsi que des performances économiques et environnementales améliorées en exploitation. Sa puissance permet de répondre, sur un nombre limité de sites, aux besoins en électricité d’un pays industriel de 67 millions d’habitants aujourd’hui, et plus demain.

De manière pratique, ses caractéristiques sont adaptées aux sites nucléaires et à l’infrastructure de transmission de l’électricité existants. Les premiers chantiers EPR ont fait face à des retards et à des dépassements des budgets initiaux. La SFEN a montré que cela a été le cas pour tous les chantiers de construction de premiers réacteurs de troisième génération dans le monde. Cette situation est fréquente dans la réalisation de grands projets d’infrastructures complexes (ex : le tunnel sous la Manche), et inhérente aux « têtes de série ». Cependant les pays qui sont restés dans une dynamique de construction continue de réacteurs, soit parce qu’ils ont étalé dans le temps leur programme d’équipement nucléaire (Chine, Corée), soit parce qu’ils ont commencé à renouveler une partie de leur parc (Russie), ont connu moins de retard que les pays qui avaient arrêté de construire, comme la France ou les États-Unis, et qui avaient donc perdu en compétences.

Pour l’EPR, une des difficultés est aujourd’hui en voie d’être surmontée : l’EPR de Taishan en Chine a fait son démarrage commercial en décembre 2018. Les chantiers EPR ont permis de revitaliser une chaîne industrielle française qui avait perdu en compétences depuis 15 ans sans nouvelle construction. La filière française s’est réorganisée et elle est aujourd’hui de nouveau en capacité de construire des nouveaux réacteurs nucléaires de troisième génération en France, en Europe et dans le reste du monde.

On peut donc dire que la France dispose aujourd’hui de l’option nucléaire, mais que par nature, maintenir cette option ouverte passe à moyen terme par le lancement de nouveaux chantiers sur le territoire national.