Peut-on prendre le risque de ne pas renouveler le parc nucléaire français ?

Publié le 15 juin 2020 - Mis à jour le 15 octobre 2020
Notes techniques

Cette nouvelle étude de la SFEN s’inscrit dans le cadre de l’instruction en cours du programme de renouvellement du parc nucléaire français. Elle a pour objet de comprendre la valeur qu’apporterait, à l’horizon 2050, une série de nouveaux réacteurs de type EPR2, et les risques en termes de sécurité d’approvisionnement, en l’absence de décision de renouvellement du parc. L’étude s’appuie sur un travail de modélisation du système électrique et des scénarios réalisés par le cabinet Compass Lexecon.

La France sera confrontée dans les trente prochaines années à :

  • des enjeux exceptionnels : elle devra renouveler son parc nucléaire, atteindre ses objectifs de neutralité carbone et voir la part des moyens pilotables, sur lesquels repose l’équilibre du système électrique, diminuer alors que les moyens intermittents vont se développer
  • des incertitudes majeures concernant les stratégies énergétiques de nos voisins, l’attitude des consommateurs, et les performances des nouvelles technologies
  • des risques importants sur la robustesse des trajectoires avec la saturation des gisements du solaire et de l’éolien, les paris sur les moyens de flexibilité, et la question du cadre économique pour que la trajectoire souhaitée se réalise

Les scénarios aux limites réalisés par Compass Lexecon montrent que, même en visant un taux réduit de nucléaire, le pays serait confronté à des tensions croissantes, démultipliées si ce taux était inférieur. Sans avoir organisé, en temps et en heure, le renouvellement d’un socle nucléaire stable, à la fois bas carbone et pilotable, le risque serait grand de constater, trop tard, qu’il faut reconstruire en urgence des capacités thermiques à gaz, émettrices de CO2, pour répondre à la demande électrique.

Le programme nucléaire ne peut être une variable d’ajustement. Notre parc nucléaire est une infrastructure stratégique, en ce sens qu’il garantit notre approvisionnement en électricité et l’atteinte de nos objectifs climatiques. Notre industrie nucléaire est une filière stratégique, en termes de souverainetés industrielle et technologique, pour la France mais aussi pour l’Europe.

« Le programme nucléaire ne peut être une variable d’ajustement »

La SFEN recommande que :

  • la France intègre le programme d’une série de trois paires de réacteurs dans son plan de relance post-Covid et confirme le lancement du projet dès la fin de l’instruction mi-2021 ;
  • l’Union européenne inclue le nouveau nucléaire dans le Green Deal et prévoie les mécanismes financiers associés (taxonomie).

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