L’énergie nucléaire fait partie des solutions pour la production d’hydrogène bas carbone

Publié le 8 juin 2020 Positions

En 2020 l’Europe a décidé d’accélérer son ambition en matière d’hydrogène bas carbone. Le 10 mars, à Bruxelles, la Commission européenne a présenté une stratégie industrielle prévoyant le lancement d’une alliance destinée à favoriser l’émergence d’une filière européenne de l’hydrogène vert.

Une position partagée par l’Agence internationale de l’énergie et notamment par la voix de son directeur, Fatih Birol, qui affirme que « le monde ne devrait pas manquer cette chance unique de faire de l’hydrogène un élément important de notre avenir énergétique propre et sûr ».

La France, quant à elle, affiche de fortes ambitions en matière d’hydrogène dans sa feuille de route énergétique, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), publiée en avril 2020. De plus l’hydrogène est également identifié comme un vecteur clé de la transition énergétique nationale dans la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) adoptée cette année en même temps que la PPE.

A l’occasion de cette stratégie hydrogène pour l’Europe, la SFEN rappelle que :

  • Pour être un atout dans la transition énergétique, l’hydrogène devra être produit de manière peu carbonée. L’hydrogène est aujourd’hui produit essentiellement à partir d’énergies fossiles. Plusieurs solutions existent pour produire de l’hydrogène bas carbone : l’électrolyse de l’eau à partir de l’électricité bas carbone par exemple est une technologie mature industriellement et déployable dès aujourd’hui à grande échelle. La France, en particulier, peut s’appuyer sur un réseau électrique déjà quasiment décarboné pour développer une filière industrielle d’électrolyse performante.
  • Afin de caractériser l’hydrogène, il faut établir des critères clairs avec un vocabulaire simple. La méthode de l’Analyse du Cycle de Vie (ACV) sur l’ensemble de la chaine de production (incluant la production d’électricité) apparait comme la méthode scientifique la plus rigoureuse pour évaluer le bilan carbone de la production d’hydrogène comme des autres vecteurs énergétiques. A ce titre, parler d’hydrogène « bas carbone », avec un seuil d’émissions de CO2/kgH2, est la définition la plus simple, pertinente, et efficace, en comparaison à une caractérisation sur la base de couleurs, censées représenter différentes chaines de production.
  • L’hydrogène produit par électrolyse, avec un approvisionnement sur le marché de de l’électricité en base, nucléaire et renouvelables, sera la plus compétitive par rapport au procédé de vaporeformage du méthane. Ce procédé permettra de plus son utilisation près des lieux de consommation industrielle, en limitant ainsi les émissions de CO2 liées au transport de l’hydrogène.
  • L’UE doit soutenir à la fois la création de filières et la R&D. L’UE, dans son ambition de faire de l’hydrogène l’un des cinq piliers de la transition énergétique, doit à la fois accompagner la création de filières et apporter son soutien à la R&D pour toutes les solutions dans ce domaine, y compris celles qui reposent sur de nouvelles générations de réacteurs nucléaires. Cette stratégie lui permettra de maintenir son leadership dans la concurrence internationale.
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