COP26 : le nucléaire, une énergie bas carbone incontournable - Sfen

COP26 : le nucléaire, une énergie bas carbone incontournable

Publié le 3 novembre 2021

Alors que la COP26 s’est ouverte à Glasgow ce lundi 1er novembre, il est nécessaire que l’énergie nucléaire soit au cœur des discussions et que ses qualités dans la lutte contre le changement climatique soient connues du grand public. Les 441 réacteurs nucléaires en exploitation dans le monde produisent plus d’un quart de l’électricité bas carbone et ont évité l’émission de 70 gigatonnes (Gt) de CO2, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

A l’occasion de la Conférence de Glasgow de 2021 sur les changements climatiques (COP26), qui se déroule du 31 octobre au 12 novembre, deux rapports soulignant l’importance du nucléaire en matière de réduction des émissions de CO2 ont été publiés. Le World Nuclear Performance Report[1] de la World Nuclear Association (WNA) et le « Nuclear Energy for a Net Zero World » de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Ce dernier véhicule d’un message fort porté par son directeur général, Rafael Mariano Grossi : « À l’approche de la Conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP26) qui se tiendra cette année à Glasgow, il est temps de prendre des décisions basées sur des faits et d’accroître les investissements dans le nucléaire. Le coût de l’inaction est beaucoup trop élevé pour être supporté ». Des propos qui font écho à la première partie du sixième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) publié en août dernier qui alerte, avec force et précision, sur les impacts du changement climatique[2].

Sortir des énergies fossiles, en particulier du charbon

La priorité est de sortir du charbon rappelle l’AIEA. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), « le charbon est la principale source d’augmentation de la température mondiale »[3]. Pour rappel, en 2018, les centrales électriques thermiques au charbon ont émise 10 Gt de CO2, auquel il faut ajouter 4,5 Gt pour inclure les autres usages. En additionnant les autres énergies fossiles, on arrivait alors à un pic de 33,1 Gt de CO2 émis en 2018 (source AIE)[4]. « La combustion du charbon est responsable de près de 45 % des émissions de CO2 du secteur de l’énergie dans le monde, ainsi que d’une importante pollution atmosphérique, causant des millions de décès prématurés chaque année », alerte l’AIEA[5].

Le nucléaire, bas carbone, pilotable et compétitif est une option immédiatement déployable pour remplacer les centrales à charbon sans basculer vers le gaz qui reste une énergie fortement émettrice de CO2. Depuis la naissance du parc mondial, le nucléaire a déjà évité l’émission de 70 Gigatonnes (Gt) de CO2, auxquels s’ajoute 1 Gt tous les ans, souligne l’AIEA.

Une énergie incontournable de la transition énergétique

Fin 2020, les plus de 440 réacteurs nucléaires dans le monde ont produit 2 553 TWh d’électricité bas carbone. Le nucléaire permet de réduire rapidement les émissions de CO2 comme l’a montré le développement du parc nucléaire suédois[6] dans les années 1970 (voir graphique ci-dessous). A l’inverse, la politique climatique allemande, longuement plébiscité par les partis écologistes allemand, français et belge, alliant sortie du nucléaire, développement des énergies renouvelables et des énergies fossiles est aujourd’hui reconnue comme un échec. 10 ans après la décision de sortir du nucléaire, un Allemand émet toujours près de deux fois de CO2 qu’un Français[7]. L’Allemagne vise officiellement une sortie du charbon en 2038, mais la nouvelle coalition au pouvoir négocie pour avancer cette échéance à 2030.

 

De plus, le nucléaire, et c’est un point souligné par l’AIEA, permet d’intégrer les énergies renouvelables intermittentes au réseau. Le tout sans compromettre la sécurité d’approvisionnement et sans attendre l’arrivée à maturité industrielle de nouvelles technologies, comme les batteries. Les scénarios de RTE, le gestionnaire du réseau de transport électrique, ont d’ailleurs mis en lumière les bénéfices d’un mix nucléaire-renouvelables à 2050[8]. A noter également la grande majorité des pays industrialisés ont une stratégie de décarbonation de leur économie passant par une électricité décarbonée que ce soit pour un usage direct ou pour la production d’hydrogène par exemple.

Un développement international

Dans ce même rapport de l’AIEA, des responsables politiques canadien, chinois, finlandais, français, japonais, polonais, russe, britannique et américain ont réaffirmé l’importance du nucléaire dans la politique énergétique et climatique de leur pays. Selon le WNA, 52 réacteurs sont actuellement en construction dont 36 en Asie. En France, la décision de construire six réacteurs EPR est attendue sous peu. L’objectif pour la France est de conserver un socle de production pilotable et bas carbone afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050.

[1] https://www.world-nuclear.org/getmedia/264c91d4-d443-4edb-bc08-f5175c0ac6ba/performance-report-2021-cop26.pdf.aspx

[2] https://www.sfen.org/rgn/rapport-giec-urgence-climatique-detaillee

[3] https://www.iea.org/reports/global-energy-co2-status-report-2019/emissions

[4] https://www.iea.org/reports/global-energy-co2-status-report-2019/emissions

[5] https://www.iaea.org/sites/default/files/21/10/nuclear-energy-for-a-net-zero-world.pdf

[6] https://www.sfen.org/sites/default/files/public/atoms/files/urgence_climatique_-_peut-on_se_passer_de_lenergie_nucleaire.pdf

[7] https://donnees.banquemondiale.org/indicator/EN.ATM.CO2E.PC?view=map

[8] https://www.sfen.org/rgn/decryptage-benefices-mix-nucleaire-renouvelables-2050-mis-evidence-scenarios-rte

La rédaction (Sfen)