Portrait – « Conférencier », un métier au contact du public - Sfen

Portrait – « Conférencier », un métier au contact du public

Publié le 30 avril 2016 - Mis à jour le 28 septembre 2021
conferencier2

Si vous souhaitez visiter le laboratoire de Bure à la frontière de la Meuse et de la Haute-Marne, vous serez certainement accueillis par Florence et Jean-François, conférenciers du site. Leur mission : accompagner les curieux et leur faire découvrir les installations de l’Andra en surface et le laboratoire à 500 mètres sous terre. 

La diffusion de la connaissance scientifique est l’une des missions de l’Andra qui met un point d’honneur à tisser un lien solide avec le public et toute personne intéressée par la question du stockage des déchets radioactifs.

Pour mener à bien cette mission, l’Agence est épaulée par la société Agora dans l’organisation des visites des installations de Bure. « Le site est ouvert tous les jours de l’année, y compris le week-end. Au début des années 2000, l’Andra a fait appel à des prestataires pour assurer les visites le week-end. Rapidement, le nombre de visites a augmenté et on s’est rendu compte qu’il était nécessaire que nous intervenions également en semaine » explique Florence, responsable des conférenciers d’Agora.

« Au début, le public venait essentiellement de la commune de Bure et de ses environs. Des visiteurs sont ensuite venus de la Haute-Marne et de la Meuse. Aujourd’hui, le bouche-à-oreille s’est étendu aux départements limitrophes, les Vosges, la Meurthe et Moselle, l’Aube, et même d’Ile-de-France ! » s’enthousiasme Jean-François. La fréquentation augmente d’année en année : en 2015, 10 442 personnes ont découvert le site et 2 734 ont pu visiter le Laboratoire souterrain. À l’avenir, la fréquentation pourrait encore s’accroître avec l’organisation d’animations pour les enfants le mercredi, le dimanche et pendant les vacances. « Cela permet de parler du projet avec les parents » explique Florence. Cette offre séduira-t-elle les opposants ? Peu de chance. « Ils viennent rarement nous voir pour suivre une visite. Ils restent à l’entrée du site » s’amuse Jean-François.

conferencier.jpg

Jean-François accompagne les visiteurs à 490 mètres sous terre

La beauté du métier de conférencier réside dans sa complexité : accueillir tous les publics, curieux, riverains, élus, délégations étrangères, étudiants, écoliers, faire des présentations en français et en anglais (les délégations étrangères représentent 5 % du trafic annuel). « Il faut adapter son vocabulaire pour le rendre accessible à tous. Une journée, je peux expliquer la radioactivité à des enfants en primaire et le lendemain recevoir NUMO, l’équivalent de l’Andra au Japon. Le public est toujours différent » explique Florence. « Il y a les questions généralistes qui reviennent régulièrement – la durée de vie de la radioactivité, les caractéristiques de l’argile… – et celles qui émergent en fonction de l’actualité : l’achat des terrains, les retombées économiques, etc. » 

Comment être incollable sur l’ensemble des sujets : les déchets, la radioactivité, la sûreté, les matériaux, les retours d’expérience, la maintenance… ? Précédemment enseignante en géologie, Florence dispose d’un bagage scientifique. « C’est plus simple » reconnaît-elle. Ce n’est pas le cas de Jean-François qui a suivi un parcours différent : passé par l’informatique, le marketing, le luxe, puis le tourisme, il était profane sur la question des déchets radioactifs il y a encore quatre ans : « Le plus difficile dans ce métier est d’engranger une grande masse d’informations. Il a fallu beaucoup lire et ne pas avoir peur de poser des questions. » Une fois cette base de connaissance acquise, les conférenciers suivent une formation continue et ont accès à tous les documents de l’Andra. Chaque semaine, ils se coordonnent avec le service communication du site et débriefent de la semaine écoulée. « Cela permet de faire remonter les questions des visiteurs et d’enrichir nos messages. Le tout dans un seul but : participer à la diffusion de la connaissance scientifique. » 

Par la Rédaction