Provence-Alpes-Côte d’Azur, une région tournée vers le nucléaire du futur - Sfen

Provence-Alpes-Côte d’Azur, une région tournée vers le nucléaire du futur

Publié le 1 juin 2021 - Mis à jour le 19 octobre 2021
  • CEA
  • Framatome
  • Iter
  • PACA
  • TechnicAtome
  • Territoire
ucapcad_cea_cadarache_vue_aerienne

La Région Sud – Provence-Alpes-Côte d’Azur peut se targuer d’héberger deux installations d’envergure mondiale dans le nucléaire. Entre le site du Tricastin au nord, et le centre de recherche et développement de Cadarache dans le sud, la filière nucléaire génère 18 500 emplois directs et indirects. Demain, les promesses portées par la fusion nucléaire pourront faire de la région l’avant-garde de la plus grande révolution énergétique du nouveau millénaire.

Toutes les citations sont tirées de la session Région Sud de la Convention régionale de la Sfen qui s’est tenue le 2 avril.

La région est le moteur historique de la recherche nucléaire française. Cadarache, à cheval sur quatre départements est le plus important centre de R&D nucléaire au monde. Important pourvoyeur d’emplois, le site attire des spécialistes internationaux, permettant à la région de s’inscrire dans l’économie de la connaissance autour de la recherche nucléaire : amélioration des performances et de la sûreté des réacteurs, propulsion nucléaire pour la marine, développement des réacteurs de demain, et exploration de l’énergie de fusion pour après-demain. Pour Julien Aubert, député du Vaucluse, le site de Cadarache apparait indispensable à la vie économique de la région : « Cadarache représente 5 500 personnes et 280 M€ de revenus pour les entreprises régionales ».

Le CEA Cadarache abrite aussi les chantiers des réacteurs de recherche de demain, dont celui du réacteur Jules Horowitz (RJH). Ce réacteur de recherche, fruit d’une collaboration internationale, permettra d’étudier le comportement des matériaux et des combustibles ainsi que de produire des radioéléments pour la médecine. Cadarache est également la référence pour l’innovation dans le domaine des combustibles nucléaires et de la sûreté des réacteurs avec des installations expérimentales inégalées comme le réacteur CABRI ou la plateforme PLINIUS.

Le site accueille également ITER, projet de recherche fondamentale international visant à démontrer la faisabilité de la fusion nucléaire. Ce « CERN » de la fusion nucléaire mobilise un millier de chercheurs, ingénieurs et techniciens, de 25 nations.

La région, dépourvue de CNPE (Centrale Nucléaire de Production d’Electricité), peut toutefois compter sur la solidarité électrique de ses voisins comme le rappelle très justement François Turboult de la R&D de EDF : « La solidarité du système électrique français permet actuellement de gérer la consommation électrique de la Région Sud PACA, qui est supérieure à la production locale, en important des productions électriques du reste du territoire français. Grâce à ce système électrique performant, nous avons calculé qu’il sera toujours possible en 2035 d’approvisionner la région malgré l’électrification des usages. »

Le développement d’un hydrogène bas carbone est au cœur des préoccupations du moment[1]. Dans ce domaine, Eric Hanus explique que le CEA travaille sur une méthode particulière pour coupler nucléaire et production d’hydrogène bas carbone :  « J’en viens au programme de recherche sur les systèmes hybrides à base de SMR et sur les systèmes de conversion d’énergie multivecteurs électricité, chaleur et hydrogène. De tels systèmes permettent d’envisager la production d’hydrogène décarboné. Ils reposent sur deux briques technologiques maîtrisées au CEA, avec notamment l’EHT, l’Electrolyse à Haute Température, qui permet un rendement élevé et qui a besoin à la fois de chaleur et d’électricité ».

Le carbone, un sujet que l’entreprise NAWA Technologies installée à Marseille connait bien : « Aujourd’hui NAWA développe un nouveau matériau. Beaucoup de gens parlent de décarboner l’économie, nous, nous revisitons le carbone puisque notre matériau est du carbone. Nous avons tendance à recarboner nos produits, mais de manière intelligente en utilisant des matières premières carbonées, qui viennent de la nature ou du CO2 de l’atmosphère » précise ainsi son fondateur Pascal Boulanger.

A n’en pas douter, la recherche et l’excellence scientifique restent plus que jamais dans l’ADN de la Région Sud.

Des Alpes à la Méditerranée, le nucléaire est solidement ancré à la maille régionale

La région est aussi le berceau des activités historiques, régaliennes et opérationnelles de TechnicAtome dont les réacteurs compacts équipent les bâtiments à propulsion nucléaire de la Marine Nationale et dont le rayonnement technique de conception-réalisation couvre nombre d’activités hors propulsion navale. TechnicAtome fait partie du projet NUWARD (aux côté de EDF, du CEA et Naval Group) visant à développer un SMR français comme l’explique Jean-Noël Vernay, directeur de l’ingénierie chez TechnicAtome : « Dans ce cadre, le SMR était inscrit depuis longtemps dans les sujets d’intérêt et de recherche de TechnicAtome, avec l’idée que cela pouvait être une source d’énergie pour des installations de dessalage dans certains pays où la nécessité de trouver de l’eau douce est importante, ou encore pour accompagner des champs pétrolifères. »

Depuis son siège à Marseille, la DIPDE[2] d’EDF augmente la performance des réacteurs actuels tout au long de leur exploitation, en mettant notamment en œuvre le « Grand Carénage ». Ce programme permet d’intégrer les dernières innovations technologiques aux 56 réacteurs répartis sur l’ensemble du territoire. Plus précisément, selon Francis Nietto, directeur adjoint de la DIPDE, ce sont « deux mille femmes et hommes qui y travaillent, dont 600 qui sont délocalisés sur toutes les centrales du parc français. A peu près 1 400 ingénieurs femmes et hommes travaillent à Marseille. L’enjeu est de renforcer nos installations, de les rendre plus sûres, plus performantes, afin de tirer pleinement partie de la force que nous avons sur le territoire français, à savoir produire une électricité décarbonée ».

C’est également dans la cité phocéenne que l’on retrouve le siège de ONET Technologies. ONET Technologies est une ETI, une Entreprise de taille intermédiaire, filiale du groupe ONET, groupe familial marseillais, indépendant et spécialisé dans les services depuis 160 ans. ONET Technologies est un acteur majeur dans les secteurs de l’ingénierie et des services nucléaires. Alain Gauvin, directeur général de ONET Technologies détaille ainsi l’implantation du groupe dans la région : « En termes d’emplois, une société comme ONET Technologies représente 800 employés en Région Sud, 380 cadres, 200 techniciens, plus de 200 ouvriers. Nous recrutons plus de 300 collaborateurs par an au niveau national, une centaine en Région Sud. Il n’y a pas de sous-métier dans notre secteur, la qualité des gestes de nos compagnons ouvriers, des techniciens, les études menées par nos ingénieurs et nos experts, contribuent de manière complémentaire à l’excellence de nos services ».

Enfin, le nord Vaucluse accueille également une partie du complexe industriel du Tricastin, plus grand site nucléaire d’Europe. Avec la centrale nucléaire d’EDF, l’usine Orano et les entreprises partenaires, la filière emploie plus de 7 000 personnes.

Le président de la Région Sud-Provence Alpes Cote d’Azur, Renaud Muselier, partage l’enthousiasme d’une filière solidement ancrée dans sa région : « Nous avons Cadarache, le site de Tricastin, le projet ITER, cela nous donne des filières, des outils et des moyens qui sont importants et relayés sur l’ensemble de la région. »

[1] https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/hydrogene-la-france-detaille-a-son-plan-a-7-milliards-deuros-1240547

[2] Division Ingénierie du Parc Nucléaire, de la Déconstruction et de l’Environnement

 


Maruan Basic (Sfen) – Crédit photo ©UCAPCAD – CEA Cadarache

  • CEA
  • Framatome
  • Iter
  • PACA
  • TechnicAtome
  • Territoire