Stéphane Lefèvre, Pilote de la déconstruction de la première cuve REP - Sfen

Stéphane Lefèvre, Pilote de la déconstruction de la première cuve REP

Publié le 22 mai 2017 - Mis à jour le 28 septembre 2021
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Ingénieur chargé d’affaires réalisation déconstruction, Stéphane Lefèvre s’est vu confier début août 2016 la responsabilité de la supervision des travaux de déconstruction de la cuve de la centrale de Chooz A. À seulement 34 ans, cet auvergnat exilé dans les Ardennes, arrivé « par hasard » dans le nucléaire, joue un rôle essentiel dans la réalisation de ce chantier.

Après un BEP de productique-mécanique suivi d’un BTS et d’une licence de conception mécanique, Stéphane Lefèvre débute sa carrière professionnelle dans l’aéronautique – Sagem dans un premier temps, puis Airbus – dans la partie logistique et la gestion d’atelier. Quelque temps plus tard, il fait ses premiers pas dans la filière nucléaire et rejoint l’usine AREVA de Jeumont (Hauts-de-France) dédiée à la fabrication des composants et des pièces de remplacement pour des pompes et des mécanismes de réacteurs nucléaires. « J’étais et je suis toujours passionné par la mécanique ! » s’amuse-t-il.

En 2007, sur les conseils de ses amis, il rejoint EDF. Après six années passées à la centrale nucléaire de Chinon (Indre-et-Loire) en tant que chargé d’affaires exploitation démantèlement, il décide de se tourner vers la section travaux, toujours dans la filière déconstruction. « J’avais eu l’opportunité de réaliser certaines affaires travaux sur la structure en déconstruction du réacteur Chinon A » rappelle-t-il.

Pour réaliser son projet, il suit – soutenu par son entreprise – une formation spécialisée à Valence. Diplômé d’un Master 2 « démantèlement nucléaire », Stéphane rejoint ensuite le chantier de déconstruction de la centrale de Chooz A, vitrine du savoir-faire d’EDF en la matière, pour piloter l’une des phases les plus importantes : la déconstruction de la cuve. « Le plus dur au début a été de s’approprier le chantier, la documentation, la partie historique et les retours d’expérience pour pouvoir ensuite se projeter sur les étapes à venir ». Démarré en 2007, le chantier durera 15 ans et s’achèvera donc en 2022.

Stéphane reconnaît travailler dans un milieu industriel « exigeant » et « stimulant ». Épanoui dans son travail, il met en avant l’esprit d’équipe des professionnels du chantier : « Nous sommes tous soudés. Cela favorise le dépassement de soi ».

Évoquant la mission qui lui a été confiée de superviser les travaux de déconstruction de la cuve de la centrale de 305 MW : « C’est une grande responsabilité et une très belle opportunité. Je suis fier de la confiance qui m’a été accordée. La déconstruction de l’intégralité de la cuve du réacteur est une étape essentielle du chantier. » Dans la pratique, son travail d’ingénieur chargé d’affaires réalisation déconstruction implique notamment toute une partie de « préparation, de documentation et d’anticipation », en général une semaine à l’avance, « sauf s’il y a des interventions qui nécessitent plus de recul ».

Chaque semaine, Stéphane réunit les co-titulaires du chantier, Westinghouse, Nuvia et leurs sous-traitants, et réalise l’interface avec les différents acteurs. Le mercredi, un plateau de réalisation permet de reprendre le planning avec une vision moyen terme, de six mois à un an, « pour assurer qu’il n’y a pas de dérives ». Enfin, le vendredi, une réunion de coactivité met tous les intervenants autour de la table : « cela permet de définir les zones d’interventions de chacun ».

Si son choix du démantèlement s’est fait « un peu par hasard », Stéphane affirme avoir « totalement accroché » et assure que la déconstruction est « riche en découverte de nouvelles activités ». « Les enjeux sont transverses, même si cela demande une remise en question quasiment quotidienne, cela permet d’apprendre chaque jour. »


Par la rédaction

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